« Economie Médiévale - Les Marchands » : différence entre les versions
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Les marchands médiévaux avaient un capital très variable, mais rarement liquide. Leur richesse était surtout : stock de marchandises, outils, bêtes de somme, quelques pièces d’argent. | Les marchands médiévaux avaient un capital très variable, mais rarement liquide. Leur richesse était surtout : stock de marchandises, outils, bêtes de somme, quelques pièces d’argent. | ||
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!Type de marchand || Zone d'activité || Capital estimé (£) || | !Type de marchand || Zone d'activité || Capital estimé (£) || Nombre estimé de familles en Angleterre (XVe s.) || Exemples de biens || Description || Source historique anglaise | ||
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| | | Huckster / petty chapman (revendeur local) || Village, bourg || 1–4 || 20 000–30 000 || Pain, chandelles, petits outils, tissus grossiers || Petit revendeur local, souvent sans boutique || Poll Tax Rolls (1377–1381) et registres paroissiaux du XVe s. | ||
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| | | Chapman itinérant (marchand ambulant) || Régional, foires || 5–15 || 8 000–12 000 || Épices communes, étoffes, couteaux, rubans || Marchand itinérant entre foires et villages || Records of the Winchester Fairs (XVe s.) | ||
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| | | Shopkeeper (boutiquier urbain) || Ville || 10–40 || 6 000–10 000 || Tissus, vin, sel, vaisselle, outils || Tient une boutique fixe, stock modéré || London Hustings Rolls & York Inventories (1450–1500) | ||
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| | | Mercer (marchand de tissus fins) || Ville, parfois export || 40–120 || 1 500–2 500 || Soieries, draps fins, teintures || Marchand spécialisé à forte valeur ajoutée || Mercers’ Company Records, London (XVe s.) | ||
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| | | Apothecary (apothicaire) || Ville || 50–150 || 300–600 || Épices rares, médicaments, pigments || Stock coûteux, clientèle bourgeoise || London Apothecaries’ Inventories (1450–1500) | ||
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| | | Wool merchant (marchand de laine) || Régional, national || 150–400 || 800–1 200 || Ballots de laine, sacs de suint, teintures || Commerce majeur de l’Angleterre || Customs Accounts of the Port of London (XVe s.) | ||
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| | | Cloth exporter (exportateur de drap) || National, Flandres || 200–600 || 300–500 || Draps anglais, teintures, laine || Commerce d’exportation vers Bruges et Anvers || Calais Staple Accounts (XVe s.) | ||
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| | | Wine merchant (marchand de vin) || Ville, ports || 100–300 || 200–400 || Tonneaux de vin de Gascogne, tonnelets || Commerce très rentable dans les villes || Port Books of Southampton (1470–1500) | ||
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| | | Grocer (marchand de gros urbain) || Ville, région || 200–500 || 300–500 || Épices, sucre, fruits secs, soieries || Marchand de gros, stock important || Grocers’ Company Records, London (XVe s.) | ||
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| | | Hanseatic merchant (marchand de la Hanse à Londres) || Baltique, Londres || 300–800 || 80–120 || Poix, cire, fourrures, bière, bois || Réseau international basé au Steelyard || Steelyard (Stalhof) Accounts (XVe s.) | ||
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| | | Merchant adventurer (marchand international anglais) || Europe du Nord, Baltique || 500–1500 || 150–250 || Draps anglais, épices, soieries, métaux || Grand marchand exportateur || Merchant Adventurers’ Company Records (1480–1500) | ||
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| | | Italian banker-merchant in London || Italie–Londres || 1500–6000 || 20–40 || Soieries, prêts royaux, métaux précieux || Banquiers-marchands opérant à Londres || Datini London Ledger & Medici Letters (XVe s.) | ||
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En croisant les données ci‑suit des capitaux marchands historiquement cohérents : | En croisant les données ci‑suit des capitaux marchands totaux historiquement cohérents par type d'agglomérations: | ||
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! | !Type d'agglomération || Population approximative || Capital marchand total estimé (£) || Commentaire | ||
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| Hameau / petit village || 200–500 || 20–60 || Quelques revendeurs locaux, 1–2 petits marchands itinérants | |||
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| Village / bourg || 500–1 000 || 40–120 || 5–10 familles marchandes, surtout hucksters et chapmen | |||
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| | | Petite ville || 2 000–3 000 || 600–1 200 || 40–60 familles marchandes, premiers mercers/apothicaires | ||
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| | | Ville moyenne || 5 000–10 000 || 4 000–8 000 || 150–250 familles marchandes, mercers, grocers, wool merchants | ||
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| | | Grande ville || 15 000–25 000 || 15 000–30 000 || 400–700 familles marchandes, exportateurs de drap, vin, gros | ||
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| | | Très grande ville (type York/Bristol) || 40 000–60 000 || 80 000–150 000 || Forte concentration de gros marchands et exportateurs | ||
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| | | Métropole commerciale (Londres) || 60 000+ || 200 000–300 000 || Ajout des Hanséates et banquiers italiens, rôle de place centrale | ||
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Version du 8 mars 2026 à 22:35
L’économie médiévale repose sur un tissu de communautés rurales et urbaines dont la capacité à soutenir des marchands varie fortement selon leur taille, leur richesse, leur isolement et leur production excédentaire. Contrairement aux représentations simplifiées des jeux de rôle, les villages médiévaux ne disposent pas tous d’un marchand généraliste, encore moins de commerçants spécialisés. La présence d’un marchand, la nature de ses stocks et l’importance de son capital dépendent directement de la démographie locale, du niveau de circulation monétaire, et de l’intégration de la communauté dans les réseaux d’échanges régionaux.
Les sources historiques — comptes seigneuriaux, registres urbains, archives abbatiales et études d’histoire économique (Duby, Dyer, Hatcher, Bailey) — montrent que les petites communautés ne génèrent que peu d’excédents et ne peuvent soutenir qu’un nombre limité de marchands, souvent modestes. À l’inverse, les bourgs et petites villes concentrent davantage de capitaux, de spécialisation artisanale et de flux commerciaux, permettant l’apparition de marchands mieux dotés, voire de véritables corporations.
Cette section propose une modélisation utilisable en jeu de rôle, fondée sur ces données historiques : combien de marchands une communauté peut soutenir, quel type de marchand y est présent, quel capital marchand est réalistement disponible, quels biens peuvent être trouvés selon la taille du village, du bourg ou de la ville.
L’objectif est d’offrir un cadre cohérent, crédible et jouable pour représenter l’économie locale dans un univers médiéval ou pseudo‑médiéval, en s’appuyant sur des réalités historiques plutôt que sur des approximations arbitraires.
📚 Les capitaux marchands
Les estimations de capitaux marchands présentées dans cette page s’appuient sur des données issues de l’histoire économique médiévale, principalement entre le XIIIᵉ et le XVe siècle. Les archives seigneuriales, urbaines et monastiques permettent d’évaluer la richesse disponible dans les communautés rurales et urbaines, ainsi que les stocks typiques des marchands selon leur niveau d’activité.
Pour les besoins du jeu de rôle, les valeurs sont converties selon l’échelle : 1 pièce d’or (po) = 10 deniers, ce qui correspond à une simplification raisonnable des systèmes monétaires médiévaux.
🧮 Formule simple pour JdR
Règle maison (historiquement cohérente), cela représente le capital total que la communauté peut soutenir :
Capital marchand ≈ (population / 10) × 5 po
💰 Capital marchand : estimation réaliste
Les marchands médiévaux avaient un capital très variable, mais rarement liquide. Leur richesse était surtout : stock de marchandises, outils, bêtes de somme, quelques pièces d’argent.
| Type de marchand | Zone d'activité | Capital estimé (£) | Nombre estimé de familles en Angleterre (XVe s.) | Exemples de biens | Description | Source historique anglaise |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Huckster / petty chapman (revendeur local) | Village, bourg | 1–4 | 20 000–30 000 | Pain, chandelles, petits outils, tissus grossiers | Petit revendeur local, souvent sans boutique | Poll Tax Rolls (1377–1381) et registres paroissiaux du XVe s. |
| Chapman itinérant (marchand ambulant) | Régional, foires | 5–15 | 8 000–12 000 | Épices communes, étoffes, couteaux, rubans | Marchand itinérant entre foires et villages | Records of the Winchester Fairs (XVe s.) |
| Shopkeeper (boutiquier urbain) | Ville | 10–40 | 6 000–10 000 | Tissus, vin, sel, vaisselle, outils | Tient une boutique fixe, stock modéré | London Hustings Rolls & York Inventories (1450–1500) |
| Mercer (marchand de tissus fins) | Ville, parfois export | 40–120 | 1 500–2 500 | Soieries, draps fins, teintures | Marchand spécialisé à forte valeur ajoutée | Mercers’ Company Records, London (XVe s.) |
| Apothecary (apothicaire) | Ville | 50–150 | 300–600 | Épices rares, médicaments, pigments | Stock coûteux, clientèle bourgeoise | London Apothecaries’ Inventories (1450–1500) |
| Wool merchant (marchand de laine) | Régional, national | 150–400 | 800–1 200 | Ballots de laine, sacs de suint, teintures | Commerce majeur de l’Angleterre | Customs Accounts of the Port of London (XVe s.) |
| Cloth exporter (exportateur de drap) | National, Flandres | 200–600 | 300–500 | Draps anglais, teintures, laine | Commerce d’exportation vers Bruges et Anvers | Calais Staple Accounts (XVe s.) |
| Wine merchant (marchand de vin) | Ville, ports | 100–300 | 200–400 | Tonneaux de vin de Gascogne, tonnelets | Commerce très rentable dans les villes | Port Books of Southampton (1470–1500) |
| Grocer (marchand de gros urbain) | Ville, région | 200–500 | 300–500 | Épices, sucre, fruits secs, soieries | Marchand de gros, stock important | Grocers’ Company Records, London (XVe s.) |
| Hanseatic merchant (marchand de la Hanse à Londres) | Baltique, Londres | 300–800 | 80–120 | Poix, cire, fourrures, bière, bois | Réseau international basé au Steelyard | Steelyard (Stalhof) Accounts (XVe s.) |
| Merchant adventurer (marchand international anglais) | Europe du Nord, Baltique | 500–1500 | 150–250 | Draps anglais, épices, soieries, métaux | Grand marchand exportateur | Merchant Adventurers’ Company Records (1480–1500) |
| Italian banker-merchant in London | Italie–Londres | 1500–6000 | 20–40 | Soieries, prêts royaux, métaux précieux | Banquiers-marchands opérant à Londres | Datini London Ledger & Medici Letters (XVe s.) |
En croisant les données ci‑suit des capitaux marchands totaux historiquement cohérents par type d'agglomérations:
| Type d'agglomération | Population approximative | Capital marchand total estimé (£) | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Hameau / petit village | 200–500 | 20–60 | Quelques revendeurs locaux, 1–2 petits marchands itinérants |
| Village / bourg | 500–1 000 | 40–120 | 5–10 familles marchandes, surtout hucksters et chapmen |
| Petite ville | 2 000–3 000 | 600–1 200 | 40–60 familles marchandes, premiers mercers/apothicaires |
| Ville moyenne | 5 000–10 000 | 4 000–8 000 | 150–250 familles marchandes, mercers, grocers, wool merchants |
| Grande ville | 15 000–25 000 | 15 000–30 000 | 400–700 familles marchandes, exportateurs de drap, vin, gros |
| Très grande ville (type York/Bristol) | 40 000–60 000 | 80 000–150 000 | Forte concentration de gros marchands et exportateurs |
| Métropole commerciale (Londres) | 60 000+ | 200 000–300 000 | Ajout des Hanséates et banquiers italiens, rôle de place centrale |
Ces fourchettes ne sont pas arbitraires : elles reflètent les niveaux de richesse observés dans les sources médiévales et permettent de modéliser de manière crédible la présence et la puissance économique des marchands selon la taille des communautés.
📖 Références historiques principales
- Christopher Dyer, Standards of Living in the Later Middle Ages
- John Hatcher & Mark Bailey, Modelling the Middle Ages
- Georges Duby, Rural Economy and Country Life in the Medieval West
- Richard Britnell, The Commercialisation of English Society
- James Masschaele, Peasants, Merchants, and Markets
- English Historical Documents, vol. III (1189–1327)
- Manorial Accounts of the Bishopric of Winchester
- Comptes de l’abbaye de Cluny (XIIIᵉ–XVe siècle)
- Registres urbains de Bruges, Gand et Lille (XIVᵉ siècle)
Détermination des capitaux disponibles à la vente
🧱 Valeur totale des biens en vente par communauté
(marchandises disponibles à l’achat à un instant T, pas la production annuelle) Conversion : 1 £ = 24 po
| Type de communauté | Population | Valeur totale des biens en vente (en £) | Équivalent en po | Liquidité disponible (en £) | Liquidité (en po) | Commentaire économique |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hameau | 50–100 | 5–10 £ | 120–240 po | 0,25–0,5 £ (≈5 %) | 6–12 po | Quelques stocks alimentaires, outils, tissus grossiers |
| Village | 200–500 | 20–50 £ | 480–1 200 po | 1–3 £ (≈5–6 %) | 24–72 po | Marché hebdomadaire, surplus agricoles, artisanat local |
| Bourg | 500–1 500 | 80–200 £ | 1 920–4 800 po | 6–20 £ (≈7–10 %) | 144–480 po | Premier vrai marché : laine, tissus, vin, métal |
| Ville | 5 000 | 300–800 £ | 7 200–19 200 po | 30–100 £ (≈10–12 %) | 720–2 400 po | Marchands spécialisés, ateliers, importations |
| Grande ville | 20 000 | 1 500–4 000 £ | 36 000–96 000 po | 200–600 £ (≈12–15 %) | 4 800–14 400 po | Gros commerce : draps, épices, métaux, bétail |
| Métropole | 50 000+ | 5 000–15 000 £ | 120 000–360 000 po | 800–2 500 £ (≈15–17 %) | 19 200–60 000 po | Centre commercial majeur, entrepôts, guildes puissantes |
👉 Ces chiffres sont historiquement réalistes :
- Florence (1427) : stocks marchands de 300–1 000 £ par quartier
- Bruges (XVe) : entrepôts de 500–2 000 £
- Paris (XIVe) : marchés estimés à 200–600 £ de biens en rotation
- Londres (XVe) : 1 000–3 000 £ dans les zones marchandes
🧵 Répartition historique des biens en vente
Voici la répartition typique dans une ville médiévale européenne :
| Catégorie | % du capital marchand | Exemples |
|---|---|---|
| Alimentation | 20–40 % | grain, farine, vin, bière, viande, poisson |
| Textile & habillement | 20–30 % | laine, draps, lin, soie, vêtements |
| Métal & outils | 10–20 % | fer, acier, outils, armes communes |
| Bois & matériaux | 5–10 % | bois d’œuvre, charbon, tuiles |
| Bétail & chevaux | 5–15 % | chevaux, bovins, ovins |
| Produits importés | 5–20 % | épices, teintures, sucre, soie |
| Luxe & bijoux | 1–5 % | orfèvrerie, bijoux, objets précieux |
👉 Les biens de luxe représentent rarement plus de 5 % du capital total, sauf dans les métropoles.
🪄 Vendeurs d’objets magiques
Cette table repose sur un raisonnement inspiré d’une économie médiévale réaliste et sourcée, fondée sur les données historiques concernant la valeur des biens, la circulation monétaire et la structure des marchés locaux. À partir de cette base, nous avons formulé un postulat propre à l’univers : une partie du capital marchand traditionnel — notamment celui dédié au luxe — est redistribuée vers les objets magiques, considérés ici comme une extension naturelle des biens précieux. Cette approche permet de déterminer, pour chaque type de communauté, quels vendeurs peuvent raisonnablement proposer des objets magiques, et quel capital ils sont capables de mobiliser. Le résultat offre un cadre cohérent, équilibré et immédiatement utilisable en jeu.
| Communauté | Population | Bijoux (po) | Magie (po) | Prêtres | Mages | Marchands | Nobles / Institutions | Capital magique moyen par vendeur (approx.) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Hameau | 50–100 | 4–7 po | 14–29 po | 0–1 | 0–1 | 0 | 0 | 10–20 po répartis sur 1–2 personnes |
| Village | 200–500 | 14–36 po | 58–144 po | 1 | 0–1 | 0–1 | 0 | 30–70 po sur 1–3 vendeurs |
| Bourg | 500–1 500 | 58–144 po | 230–576 po | 1–2 | 1 | 1 | 0–1 | 60–150 po par vendeur (2–4 vendeurs) |
| Ville | 5 000 | 360–960 po | 720–1 920 po | 2–3 | 2–3 | 2–3 | 1–2 | 150–300 po par vendeur (7–10 vendeurs) |
| Grande ville | 20 000 | 1 800–4 800 po | 3 600–9 600 po | 3–5 | 4–6 | 4–6 | 2–4 | 300–800 po par vendeur (13–21 vendeurs) |
| Métropole | 50 000+ | 6 000–18 000 po | 12 000–36 000 po | 5–8 | 8–12 | 8–12 | 4–8 | 600–1 500 po par vendeur (25–40 vendeurs) |
Répartition des activitées des villes du XVe siècle
Les villes du XVe siècle sont des espaces d’une grande densité économique, où se côtoient artisans, marchands, métiers du quotidien et activités plus spécialisées. Leur organisation reflète les besoins de la population, les traditions corporatives et les réglementations municipales. Dans les bourgs, l’essentiel de la vie économique repose sur les métiers de base : alimentation, textile, métal, bois. À mesure que les villes grandissent, la diversité des activités augmente : marchands de gros, ateliers spécialisés, tavernes nombreuses, auberges, changeurs, libraires, vendeurs de chevaux, et même bordels ou maisons de jeux tolérés.
Cette répartition n’est jamais aléatoire : chaque métier occupe une place précise dans le tissu urbain, et sa fréquence dépend directement de la taille de l’agglomération. Ce chapitre propose une vision synthétique et chiffrée de cette organisation, fondée sur les données historiques du XVe siècle et sur des ratios par millier d’habitants permettant de comparer bourgs, villes moyennes et grandes métropoles.
| Catégorie | Bourg 500-1500 | Petite ville 1500-5000 | Grande ville 5000-20000 | Métropole 20000-50000+ |
|---|---|---|---|---|
| Artisans | 35-45% | 40-50% | 35-45% | 30-40% |
| Journaliers | 20-25% | 15-20% | 15-20% | 15-20% |
| Serviteurs | 10-15% | 10-15% | 12-18% | 15-25% |
| Marchands | 5-10% | 8-12% | 10-15% | 10-18% |
| Clergé | 3-5% | 3-5% | 4-6% | 5-8% |
| Gentry / Élites | 1-3% | 2-4% | 3-6% | 5-10% |
| Noblesse | 0,00 % | 0-1% | 1-2% | 1-3% |
| Pauvres / Marginaux | 10-15% | 10-15% | 10-15% | 10-20% |
Capitaux et réparttion des divers activitées
| Type | Ratio Bourg 500-1500 | Ratio Petite ville 1500-5000 | Ratio Grande ville 5000-20000 | Ratio Métropole 20000-50000+ | Capital total (po) | Liquidité (po) | Stock (po) | notes |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Tavernier / Cabaretier / Restaurateur | 2.5 | 3.5 | 4.5 | 5.5 | 50-250 | 5-25 | 45-225 | Boisson, repas simples, très nombreux en ville |
| Brasseur | 0.8 | 1.2 | 1.8 | 2.2 | 150-500 | 15-50 | 135-450 | Production, parfois liée aux tavernes |
| Aubergiste / Hôtelier | 0.8 | 1.2 | 1.8 | 2.5 | 100-400 | 10-40 | 90-360 | Hébergement + repas, surtout sur axes de passage |
| Boucher | 3 | 3 | 3 | 3 | 80-300 | 10-40 | 70-260 | Alimentation carnée, très régulée |
| Poissonnier | 0.5 | 1 | 1.5 | 2 | 50-200 | 5-20 | 45-180 | Plus fréquent en ville portuaire ou fluviale |
| Épicier | 0.7 | 1.2 | 1.8 | 2.3 | 30-120 | 5-15 | 25-105 | Denrées fines, épices, sucre, etc. |
| Marchand de luxe | 0 | 0.2 | 0.5 | 1 | 200-1000 | 20-100 | 180-900 | Orfèvres, apothicaires, libraires de haut niveau |
| Bordel (maison close) | 0.3 | 0.6 | 1.0 | 1.5 | 100-400 | 10-40 | 90-360 | Établissement toléré ou municipal; situé en faubourgs ou quartiers marginaux |
| Maison de jeux | 0.5 | 1 | 2 | 3 | 20-80 | 5-15 | 15-65 | Jeux de hasard; souvent dans tavernes ou maisons privées; semi-clandestin |
| Artisans du textile | 20 | 18 | 15 | 12 | 10-60 | 2-10 | 8-50 | Métier le plus répandu en ville |
| Artisans du cuir | 8 | 7 | 6 | 5 | 20-80 | 3-12 | 17-68 | Cordonniers, tanneurs, selliers |
| Artisans du bois | 6 | 6 | 5 | 4 | 30-120 | 5-15 | 25-105 | Charpentiers, menuisiers, tonneliers |
| Artisans du métal | 5 | 5 | 5 | 4 | 40-150 | 5-20 | 35-130 | Forgerons, serruriers, chaudronniers |
| Boulangers / métiers alimentaires | 5 | 5 | 4 | 4 | 20-100 | 3-15 | 17-85 | Four banal, pain quotidien |
| Artisans de la construction | 2 | 3 | 4 | 5 | 10-50 | 2-8 | 8-42 | Maçons, tailleurs de pierre |
| Artisans spécialisés | 1 | 2 | 3 | 4 | 50-200 | 5-20 | 45-180 | Apothicaires, barbiers, peintres, potiers |
| Artisans d’exception | 0 | 0.3 | 0.8 | 1.5 | 200-1000 | 20-100 | 180-900 | Orfèvres, armuriers |
| Artisans de luxe | 0 | 0.1 | 0.4 | 0.8 | 300-1500 | 30-150 | 270-1350 | Joailliers, enlumineurs, horlogers |
| Vendeur de chevaux (petit) | 0.5 | 0.5 | 0.3 | 0.2 | 50-150 | 5-20 | 45-130 | Plutôt bourg et petite ville |
| Vendeur de chevaux (moyen) | 0 | 0.4 | 0.6 | 0.4 | 150-400 | 15-40 | 135-360 | Petites et moyennes villes |
| Vendeur de chevaux (professionnel) | 0 | 0.1 | 0.4 | 0.6 | 400-1200 | 40-120 | 360-1080 | Grandes villes, marché aux chevaux |
| Vendeur de chevaux (haut de gamme) | 0 | 0 | 0.1 | 0.3 | 1200-3000 | 120-300 | 1080-2700 | Métropoles, clientèle noble |
| Alchimiste (érudit modeste) | 0 | 0.1 | 0.1 | 0.1 | 50-150 | 5-15 | 45-135 | Bourg ou petite ville, souvent clerc |
| Alchimiste (apothicaire-alchimiste) | 0 | 0.2 | 0.3 | 0.3 | 150-400 | 15-40 | 135-360 | Lien fort avec apothicaires |
| Alchimiste (laboratoire savant) | 0 | 0 | 0.2 | 0.3 | 400-1200 | 40-120 | 360-1080 | Universités, couvents savants |
| Alchimiste (de cour ou mécéné) | 0 | 0 | 0.05 | 0.15 | 1200-3000 | 120-300 | 1080-2700 | Métropoles, mécénat princier |
| Boucher | 3 | 3 | 3 | 3 | 80-300 | 10-40 | 70-260 | Très régulé, essentiel à l’alimentation |
| Poissonnier | 0.5 | 1 | 1.5 | 2 | 50-200 | 5-20 | 45-180 | Plus fréquent près des côtes ou rivières |
| Brasseur | 0.5 | 1 | 1.5 | 2 | 150-500 | 15-50 | 135-450 | Faubourgs, installations lourdes |
| Tavernier/Vigneron | 1 | 2 | 2.5 | 3 | 50-250 | 5-25 | 45-225 | Routes, portes, quartiers animés |
| Épicier | 0.5 | 1 | 1.5 | 2 | 30-120 | 5-15 | 25-105 | Denrées fines, épices |
| Meunier/Huilier | 0.5 | 0.7 | 1 | 1 | 200-800 | 20-80 | 180-720 | Moulins, faubourgs, rivières |
| Drapier | 0.2 | 0.6 | 1.2 | 1.5 | 200-1000 | 20-100 | 180-900 | Gros commerce textile |
| Mercier/Mercer | 0.5 | 1 | 1.5 | 2 | 30-150 | 5-20 | 25-130 | Petits objets, rubans, accessoires |
| Fripier | 0.5 | 1 | 1.5 | 2 | 10-60 | 2-10 | 8-50 | Vêtements d’occasion, très urbain |
| Teinturier | 0.2 | 0.5 | 1 | 1.2 | 100-400 | 10-40 | 90-360 | Faubourgs, activité polluante |
| Marchand de fer | 0.2 | 0.5 | 1 | 1.2 | 150-600 | 15-60 | 135-540 | Approvisionne artisans et chantiers |
| Marchand de bois | 0.5 | 0.8 | 1.2 | 1.5 | 100-400 | 10-40 | 90-360 | Chauffage, construction |
| Marchand de pierre/Carrier | 0 | 0.2 | 0.6 | 0.8 | 200-800 | 20-80 | 180-720 | Grandes villes en expansion |
| Fabricant d’outils/Cloutier | 0.5 | 1 | 1.5 | 2 | 30-120 | 5-15 | 25-105 | Support de tous les métiers |
| Libraire/Stationarius | 0 | 0.1 | 0.3 | 0.5 | 200-1000 | 20-100 | 180-900 | Villes savantes, cathédrales, universités |
| Copiste | 0.1 | 0.5 | 0.8 | 1 | 10-50 | 2-8 | 8-42 | Couvents, écoles, chancelleries |
| Enlumineur | 0 | 0.1 | 0.3 | 0.5 | 150-600 | 15-60 | 135-540 | Production de luxe, manuscrits |
| Marchand de bétail | 1 | 1.5 | 2 | 2 | 50-200 | 5-20 | 45-180 | Marchés hebdomadaires, foires |
| Tondeur/Pelletier | 0.5 | 1 | 1.5 | 2 | 20-80 | 3-10 | 17-70 | Lien cuir et textile |
| Voiturier/Charretier | 2 | 3 | 4 | 5 | 10-40 | 2-8 | 8-32 | Transport terrestre, flux constants |
| Bateliers/Passeurs | 0.5 | 1 | 1.5 | 2 | 50-200 | 5-20 | 45-180 | Villes fluviales ou portuaires |
| Aubergiste/Hôtelier | 0.5 | 1 | 1.5 | 2 | 100-400 | 10-40 | 90-360 | Accueil voyageurs, routes principales |
| Messager/Courrier | 0.5 | 1 | 1.5 | 2 | 5-20 | 1-5 | 4-15 | Transmission d’informations, postes informelles |
| Changeur | 0 | 0.2 | 0.5 | 0.8 | 300-1500 | 30-150 | 270-1350 | Très capitalisé, cœur du quartier marchand |
| Notaire/Tabellion | 0.5 | 1 | 1.5 | 2 | 20-80 | 5-15 | 15-65 | Contrats, actes, forte densité en ville |
Ratio pour 1 000 habitants
🐎 Vendeurs de chevaux
La table ci‑dessous s’appuie sur des données historiques solides concernant l’économie médiévale, notamment la valeur des biens, la structure des marchés et la rareté structurelle du commerce équin. Les chevaux représentaient un investissement considérable et nécessitaient des infrastructures, des pâturages et un savoir‑faire spécialisé, ce qui limitait fortement le nombre de vendeurs capables d’en proposer. En croisant les sources économiques médiévales avec la logique démographique et marchande, on obtient une estimation cohérente du nombre de vendeurs de chevaux présents dans chaque type de communauté. Cette approche permet de comprendre pourquoi ce commerce reste rare dans les petites localités et ne se développe réellement qu’à partir des bourgs et des villes.
| Communauté | Population | Capital équin disponible (en po) | Nombre de vendeurs de chevaux | Commentaire économique |
|---|---|---|---|---|
| Hameau | 50–100 | 0 po | 0 | Aucun commerce équin : capital trop faible, pas de marché, chevaux appartenant au seigneur ou à des exploitations voisines. |
| Village | 200–500 | 0–48 po | 0–1 | Un paysan aisé ou un intendant peut vendre 1 cheval occasionnellement. Pas de vendeur professionnel. |
| Bourg | 500–1 500 | 48–144 po | 1 | Premier niveau où un maquignon local peut exister. Offre faible : 1–3 chevaux de selle ou de trait. |
| Ville | 5 000 | 144–360 po | 1–2 | Marchands spécialisés, circulation via foires régionales. Vente de chevaux de selle et de trait. |
| Grande ville | 20 000 | 480–1 440 po | 2–4 | Centre commercial important : courtiers, écuries marchandes, forte demande militaire et marchande. |
| Métropole | 50 000+ | 1 920–4 800 po | 4–8 | Grand marché équin : marchands spécialisés, écuries nobles, importations longue distance. Forte rotation. |
⚔️ Vendeurs d’armes (armes offensives)
Contrairement aux représentations des jeux de rôle, les armures médiévales ne sont pas toutes métalliques ni fabriquées par des armuriers. Les protections les plus courantes — aketons, jaques, gambisons — relèvent du travail des tailleurs, selliers et artisans du cuir, et sont disponibles dès les villages et les bourgs. Les pièces métalliques simples sont produites par des forgerons, tandis que les armures complexes (mailles complètes, brigandines, plates) nécessitent des ateliers spécialisés, présents uniquement dans les villes et les grands centres urbains. La table ci‑dessous reflète cette organisation historique, en distinguant clairement les types d’artisans impliqués et le capital mobilisable selon la taille de la communauté.
| Type de communauté | Population | Capital armes (en po) | Nombre de vendeurs d’armes | Commentaire économique |
|---|---|---|---|---|
| Hameau | 50–100 | 0–5 po | 0 | Pas de vendeur d’armes. Le forgeron local fabrique des outils pouvant servir d’armes (hache, couteau), mais ne tient pas de stock. |
| Village | 200–500 | 12–24 po | 0–1 | Un forgeron peut vendre quelques armes simples : lances, dagues, haches. Pas d’épées. |
| Bourg | 500–1 500 | 48–120 po | 1–2 | Premier niveau où apparaissent des armes de qualité correcte : épées simples, arcs, lances de guerre. |
| Ville | 5 000 | 192–480 po | 2–4 | Marchands d’armes spécialisés. Armes variées : épées, arbalètes, arcs longs, armes de guerre. |
| Grande ville | 20 000 | 720–1 920 po | 4–8 | Ateliers spécialisés, importations régionales, forte demande militaire. |
| Métropole | 50 000+ | 2 400–6 000 po | 8–15 | Grand centre d’armement : arsenaux urbains, guildes, commerce international. |
🛡️ Vendeurs d’armures (armures défensives)
La fabrication et la vente d’armures constituent l’un des métiers les plus spécialisés et coûteux du monde médiéval. Contrairement aux armes, les armures exigent des compétences techniques rares, des ateliers équipés et un capital élevé. Les armuriers professionnels sont donc concentrés dans les villes et les grands centres urbains, tandis que les petites communautés ne disposent que de protections rudimentaires produites par des artisans polyvalents. La table ci‑dessous repose sur des données historiques relatives aux ateliers d’armurerie, aux réseaux marchands et aux arsenaux urbains, afin de proposer une estimation réaliste du nombre de vendeurs d’armures et du capital disponible dans chaque type de communauté.
| Type de communauté | Population | Capital armures (en po) | Nombre de vendeurs d’armures | Commentaire économique |
|---|---|---|---|---|
| Hameau | 50–100 | 0 po | 0 | Aucune armure vendue. Peut-être un vieux bouclier ou un jaque usé chez un paysan, mais pas de commerce. |
| Village | 200–500 | 12–24 po | 0–1 | Tailleurs/selliers peuvent vendre des aketons, jaques, protections légères. Pas de métal. |
| Bourg | 500–1 500 | 24–72 po | 1 | Quelques pièces métalliques simples : coiffe de maille, gants, boucliers. Armures légères courantes. |
| Ville | 5 000 | 120–360 po | 1–2 | Armuriers capables de produire mailles complètes, brigandines, boucliers de qualité. |
| Grande ville | 20 000 | 480–1 440 po | 2–4 | Ateliers d’armurerie spécialisés, production de brigandines et mailles de haute qualité. |
| Métropole | 50 000+ | 1 920–4 800 po | 4–8 | Centres d’excellence : plates complètes, armures nobles, exportations internationales. |
Les institutions religieuses
Dans les sociétés médiévales, les institutions religieuses occupent une place centrale dans l’économie. Bien plus que de simples lieux de culte, les églises, abbayes et cathédrales sont des pôles d’influence qui soignent, instruisent, administrent, arbitrent et participent activement aux échanges. Elles disposent de terres, de revenus, de réserves, de bibliothèques, d’ateliers, et entretiennent un personnel nombreux. Leur richesse varie selon leur taille, leur implantation, la générosité des fidèles et leur rôle politique.
Pour comprendre leur poids économique, nous avons étudié les pratiques médiévales :
- la gestion des biens sacrés,
- les réserves de matériaux rares,
- les échanges avec les voyageurs et pèlerins,
- les dépenses liées au culte, à la charité et à l’entretien des bâtiments,
- la hiérarchie interne des institutions religieuses.
Cette démarche a permis d’établir un premier tableau de référence, fondé sur des fourchettes historiques réalistes. Il sert de base pour évaluer la richesse, les ressources et les capacités matérielles d’un lieu de culte selon son importance : de la petite église paroissiale à l’archevêché.
Synthèse générale : répartition du capital religieux au XVe siècle (en £)
| Lieu de culte | Capital total (£) | Bâtiments (£) | Terres/Rentes (£) | Objets liturgiques (£) | Livres (£) | Mobilier (£) | Trésor (£) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Église paroissiale | 20–50 | 10–35 | 1–4 | 1–4 | 1–4 | 2–8 | 0–2 |
| Temple urbain | 50–150 | 20–75 | 10–45 | 5–30 | 2–15 | 2–15 | 5–15 |
| Abbaye riche | 200–800 | 20–160 | 80–480 | 20–160 | 10–120 | 10–80 | 20–80 |
| Cathédrale | 1000–4000 | 400–2000 | 200–1200 | 100–800 | 50–400 | 50–400 | 100–800 |
| Évêque | 2000–10000 | 200–1500 | 800–5000 | 100–1000 | 40–500 | 100–1000 | 100–1000 |
| Archevêque | 10000–50000 | 500–5000 | 6000–35000 | 1000–10000 | 200–2500 | 500–5000 | 1000–10000 |
Transposition dans l’univers fantastique : adapter l’histoire au jeu
À partir de cette base historique, nous avons construit une version adaptée à un univers médiéval-fantastique. L’objectif n’est pas de reproduire fidèlement la réalité, mais de s’appuyer sur elle pour créer un système cohérent, jouable et immersif.
Synthèse générale : répartition du capital religieux transposé à l'univer de Golarion
| Lieu de culte | Capital total (po) | Bâtiments (po) | Terres/Rentes (po) | Livres restants (po) | Objets liturgiques restants (po) | Mobilier restant (po) | Trésor restant (po) | Capital objets magiques (po) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Église paroissiale | 480–1200 | 240–840 | 24–96 | 2.4–9.6 | 12–48 | 24–120 | 0–9.6 | 48–240 |
| Temple urbain | 1200–3600 | 480–1800 | 240–1080 | 12–36 | 72–360 | 48–216 | 24–72 | 360–1200 |
| Abbaye riche | 4800–19200 | 480–3840 | 1920–11520 | 24–288 | 240–1920 | 240–960 | 96–384 | 2880–9600 |
| Cathédrale | 24000–96000 | 9600–48000 | 4800–28800 | 120–960 | 1200–9600 | 1200–5760 | 480–3840 | 15600–62400 |
| Évêque | 48000–240000 | 4800–36000 | 19200–120000 | 96–600 | 1200–12000 | 1200–6480 | 480–4800 | 33600–144000 |
| Archevêque | 240000–1200000 | 12000–120000 | 144000–840000 | 480–6000 | 4800–48000 | 4800–21600 | 4800–48000 | 180000–720000 |