Economie Médiévale - Les Revenus
💰 Les revenus
Les revenus médiévaux ne sont pas le résultat d’un marché libre, mais l’expression directe de la hiérarchie sociale, des droits féodaux et des structures économiques propres à l’Angleterre du XVe siècle. Chaque classe — noblesse, clergé, paysannerie, artisans, marchands — dispose de sources de revenus spécifiques, souvent héritées ou imposées par la coutume.
Pour un JDR, comprendre ces revenus permet de saisir la hiérarchie réelle du monde médiéval, les tensions sociales, et les marges de manœuvre économiques des personnages.
💰 Revenus annuels par classe sociale
Les estimations présentées ici s’appuient sur les travaux d’historiens comme Stephen Broadberry, Bruce Campbell, Mark Overton ou Christopher Dyer, qui ont reconstruit les niveaux de vie et les revenus médiévaux à partir des comptes seigneuriaux, des registres fiscaux et des archives urbaines.
Dans un cadre de JDR, ces revenus permettent de comprendre la place réelle de chaque groupe dans la société, leurs marges de manœuvre économiques et les tensions qui structurent le monde médiéval.
| Classe sociale | Familles estimées | Populations Estimées | % Populations Estimées | Fourchettes Revenus annuel par famille | Revenus annuel estimé par famille | Avantages en nature par famille | Prélèvements en % | Prélèvements en £ | Reste à vivre par famille | Commentaire |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 👑 Famille royale * | 1 | 7 | 0 | 20000 - 80000 £ (médiane ~40000 £) | 50 000 £ | 0 £ | 0,00 % | 0 £ | 50 000 £ | Varie fortement selon le règne ; revenus domaniaux, douanes, taxes. |
| 👑 Duc (Duke) Riche | 2 | 12 | 0,0005 % | 20 000 - 40000 £ | 35 000 £ | 0 £ | 1,00 % | 350 £ | 34 650 £ | Chef d’une maison quasi‑princière, proche du sang royal. Contrôle plusieurs comtés, entretient une armée privée et influence directement la politique du royaume. |
| 👑 Duc (Duke) | 4 | 24 | 0,0009 % | 15000 - 20 000 £ | 18 000 £ | 0 £ | 1,00 % | 180 £ | 17 820 £ | Grand seigneur territorial, membre du Conseil royal. Possède de vastes domaines et une clientèle politique importante. |
| 👑 Duc (Duke) Modeste | 2 | 12 | 0,0005 % | 8000 - 15000 £ | 12 000 £ | 0 £ | 2,00 % | 240 £ | 11 760 £ | Titre prestigieux mais domaines réduits. Influence régionale forte mais moyens financiers limités par rapport aux grandes maisons ducales. |
| 🏰 Comtes (Earl) riches** | 2 | 12 | 0,0005 % | 15 000 - 20000 | 18 000 £ | 0 £ | 2,00 % | 360 £ | 17 640 £ | Héritier de très anciens comtés. Contrôle plusieurs centaines de tenures, dispose d’une forte présence militaire et d’un rôle politique national. |
| 🏰 Comtes (Earl) | 5 | 30 | 0,0011 % | 10 000 - 15000 | 13 000 £ | 0 £ | 3,00 % | 390 £ | 12 610 £ | Haute noblesse régionale. Influence locale solide, revenus confortables, rôle militaire important. |
| 🏰 Comtes (Earl) modeste | 7 | 42 | 0,0016 % | 5 000 - 10 000 | 8 000 £ | 0 £ | 3,00 % | 240 £ | 7 760 £ | Comte de petite envergure ou maison déclinante. Influence surtout locale. |
| 🏯 Barons (Vicomte) riches ** | 8 | 48 | 0,0018 % | 2000 - 5000 £ | 3 000 £ | 0 £ | 4,00 % | 120 £ | 2 880 £ | Grand seigneur local, contrôle plusieurs manoirs. Influence régionale notable. |
| 🏯 Barons (Vicomte) moyens ** | 22 | 132 | 0,0050 % | 1000 - 2000 £ | 1 500 £ | 0 £ | 5,00 % | 75 £ | 1 425 £ | Noblesse terrienne classique. Possède un ou deux manoirs, rôle local important. |
| 🏯 Barons (Vicomte) Petits ** | 29 | 174 | 0,0066 % | 400 - 1000 £ | 800 £ | 0 £ | 5,00 % | 40 £ | 760 £ | Petit baron ou maison affaiblie. Revenus proches d’un chevalier aisé. |
| 🛡️ Chevaliers bannerets | 50 | 300 | 0,0114 % | 100 - 200 £ | 800 £ | 0 £ | 5,00 % | 40 £ | 760 £ | Chef militaire reconnu, commande un contingent. Domaine confortable et prestige élevé. |
| 🛡️ Chevaliers simples | 300 | 1 800 | 0,07 % | 40 - 80 £ | 65 £ | 0 £ | 6,00 % | 4 £ | 61 £ | Petite noblesse locale. Possède un manoir ou une exploitation importante. |
| 🛡️ Écuyer (Esquire) | 1 400 | 8 400 | 0,32 % | 20 - 40 £ | 35 £ | 0 £ | 7,00 % | 2 £ | 33 £ | Notables ruraux, propriétaires aisés. Souvent officiers locaux (sheriffs, juges de paix). |
| 🧭 Gentry Grands gentilshommes | 360 | 2 160 | 0,08 % | 100 - 200£ | 150 £ | 0 £ | 8,00 % | 12 £ | 138 £ | Notables ruraux très aisés : grands propriétaires libres, souvent officiers locaux (juges de paix, shérifs adjoints). Influence politique régionale, mode de vie proche de la petite noblesse mais sans titre chevaleresque. |
| 🧭 Gentry Gentilshommes moyens | 1 300 | 7 800 | 0,30 % | 50 - 100£ | 80 £ | 0 £ | 10,00 % | 8 £ | 72 £ | Propriétaires terriens confortables (manoir modeste, plusieurs fermes). Statut social élevé dans la paroisse, éducation supérieure à la moyenne, rôle administratif local fréquent. |
| 🧭 Gentry Petits propriétaires anoblis | 800 | 4 800 | 0,18 % | 20 - 50 £ | 35 £ | 0 £ | 12,00 % | 4 £ | 31 £ | Petits gentilshommes ruraux possédant suffisamment de terres pour vivre honorablement mais sans excès. Statut social reconnu mais moyens limités ; souvent en ascension ou en déclin selon les générations. |
| ✝️ Archevêques | 2 | 2 | 0,0001 % | 3000 - 8000 £ | 6 000 £ | 0 £ | 0,00 % | 0 £ | 6 000 £ | Chef d’une province ecclésiastique. Immense influence politique et économique. |
| ✝️ Évêques | 17 | 17 | 0,0006 % | 1000 - 3000 £ | 2 000 £ | 0 £ | 0,00 % | 0 £ | 2 000 £ | Dirige un diocèse. Revenus comparables à un baron riche. Influence régionale majeure. |
| ✝️ Religieux Abbé / Prieur riche | 27 | 27 | 0,0010 % | 200 - 800 £ | 500 £ | 0 £ | 0,00 % | 0 £ | 500 £ | Chef d’un grand monastère. Contrôle des terres, des rentes et parfois des industries (moulins, forges). |
| ✝️ Clergé paroissial | 18 000 | 18 000 | 0,69 % | 5 - 20 £ | 13 £ | 3 £ | 5,00 % | 1 £ | 15 £ | Curés et vicaires. Encadrent la vie religieuse locale. Revenus modestes mais statut social élevé. |
| ✝️ Moines / frères | 16 000 | 16 000 | 0,61 % | 0 - 5 £ | 3 £ | 4 £ | 2,00 % | 0 £ | 7 £ | Vie communautaire. Peu ou pas de revenu personnel. Dépendent de leur monastère. |
| ✝️ Nonnes / religieuses | 4 000 | 4 000 | 0,15 % | 0 – 3 £ | 2 £ | 3 £ | 2,00 % | 0 £ | 5 £ | Religieuses vivant en communauté dans des prieurés féminins. Revenus très faibles, dépendance aux dons et rentes modestes. Rôle social important : éducation, soin, charité. |
| 🏹 Archers permanents *** | 2 400 | 12 000 | 0,46 % | 12–15 £ | 12 £ | 1 £ | 0,00 % | 0 £ | 13 £ | Archers professionnels recrutés parmi les yeomen, artisans ou roturiers aisés. Ils servent à temps plein dans les garnisons, les châteaux ou la maison royale. Leur compétence principale est le tir à l’arc, entretenu par un entraînement régulier. Socialement, ils restent issus des classes populaires ou intermédiaires, mais économiquement ils ne produisent plus de biens : ils fournissent un service militaire spécialisé, financé par les élites. Leur famille vit généralement dans le bourg proche de la garnison, tandis qu’eux-mêmes sont logés et nourris dans l’enceinte militaire. |
| ⚔️ Hommes d’armes permanents *** | 1 400 | 7 000 | 0,27 % | 20–25 £ | 22 £ | 3 £ | 0,00 % | 0 £ | 25 £ | Soldats professionnels à l’équipement intermédiaire (brigandine, casque, armes d’hast). Recrutés parmi les sergents, yeomen aisés ou roturiers expérimentés, ils assurent la défense quotidienne des châteaux, portes de ville et postes fortifiés. Leur rôle est plus polyvalent que celui des archers : garde, patrouille, maintien de l’ordre, escorte locale. Comme les archers, ils ne produisent plus de biens et vivent de leur solde ; leur service militaire constitue leur contribution économique. Logés dans les garnisons, leurs familles résident dans les bourgs environnants. |
| 🛡️🐎 Hommes d’armes élites *** | 600 | 3 000 | 0,11 % | 30–40 £ | 35 £ | 4 £ | 0,00 % | 0 £ | 39 £ | Cavaliers d’élite équipés d’armure complète et montés, souvent issus de la petite noblesse ou des écuyers. Ils servent comme garde rapprochée des grands seigneurs, officiers subalternes ou cavalerie lourde dans les campagnes militaires. Leur statut social est plus élevé que celui des autres soldats permanents, et ils bénéficient souvent d’avantages en nature (logement, écuries, entretien du cheval). Leur activité militaire est exclusive : ils ne produisent aucun bien et leur service est financé directement par les maisons nobles ou la royauté. Leur famille peut parfois être logée sur les terres du seigneur, mais le plus souvent vit dans un bourg proche. |
| 💼 Grands marchands international | 100 | 500 | 0,02 % | 300 - 1000 £ | 700 £ | 0 £ | 15,00 % | 105 £ | 595 £ | Élite urbaine. Commerce à longue distance (laine, draps, épices). Influence politique dans les villes. |
| 💼 Marchands régionaux | 5 000 | 25 000 | 0,95 % | 100 - 300 £ | 200 £ | 0 £ | 20,00 % | 40 £ | 160 £ | Commerce inter‑villes. Capital important, rôle économique structurant. |
| 💼 Petits commerçants urbains | 7 500 | 37 500 | 1,43 % | 20 - 60 £ | 40 £ | 2 £ | 20,00 % | 8 £ | 34 £ | Commerçants de quartier (épiciers, cordonniers, petits drapiers, taverniers) vivant d’un flux constant mais modeste de ventes locales. Leur revenu dépend fortement de la conjoncture urbaine et de la saisonnalité. Niveau de vie stable mais sans marge d’investissement importante. |
| 💼 Boutiquier / revendeur | 11 000 | 55 000 | 2,10 % | 10 - 20 £ | 17 £ | 3 £ | 25,00 % | 4 £ | 16 £ | Micro‑commerce de survie : revente de produits courants (pain, chandelles, légumes, objets d’occasion). Très faible capital, dépendance au crédit et à la clientèle immédiate. Classe urbaine inférieure, souvent au bord de la pauvreté. |
| 🧵 Maîtres artisans | 6 500 | 32 500 | 1,24 % | 15 - 25 £ | 25 £ | 2 £ | 20,00 % | 5 £ | 22 £ | Dirige un atelier. Peut employer compagnons et apprentis. Statut respecté dans les villes. |
| 🧵 Compagnons qualifiés | 10 000 | 50 000 | 1,91 % | 8 - 12 £ | 15 £ | 3 £ | 15,00 % | 2 £ | 16 £ | Ouvrier spécialisé. Salaire stable, niveau de vie modeste mais sûr. |
| 🧵Ouvrier urbain non qualifié | 8 000 | 40 000 | 1,52 % | 2 - 4 £ | 3 £ | 3 £ | 10,00 % | 0 £ | 6 £ | Atelier rentable ; peut employer des compagnons. |
| 🧵 Apprentis et petits artisans | 15 000 | 75 000 | 2,86 % | 0,5 - 2 £ | 1 £ | 4 £ | 5,00 % | 0 £ | 5 £ | Nourri/logé ; très faible revenu personnel. |
| 🌾 Yeomen Grand (propriétaires) | 3 500 | 17 500 | 0,67 % | 18 – 25 £ | 21 £ | 2 £ | 15,00 % | 3 £ | 20 £ | Propriétaire libre de 50–60 acres. Peut employer des journaliers. Classe moyenne rurale supérieure. |
| 🌾 Yeomen Moyen (propriétaires) | 15 000 | 75 000 | 2,86 % | 12 -18 £ | 17 £ | 3 £ | 20,00 % | 3 £ | 17 £ | Propriétaire de 30–40 acres. Peut vivre de sa production et vendre un surplus. |
| 🌾 Yeomen Petit (propriétaires) | 8 000 | 40 000 | 1,52 % | 8 – 12 £ | 14 £ | 4 £ | 25,00 % | 4 £ | 15 £ | Propriétaire de 20–25 acres. Niveau de vie correct mais vulnérable aux mauvaises récoltes. |
| 🌾 Smallholders / Cottars | 70 000 | 350 000 | 13,34 % | 3 – 8 £ | 6 £ | 5 £ | 35,00 % | 2 £ | 9 £ | Petit tenancier avec 1–5 acres. Ne peut pas vivre de sa terre seule. Complète par du travail salarié. |
| 🪓 Journaliers qualifiés | 18 000 | 90 000 | 3,43 % | 10 £ | 10 £ | 5 £ | 40,00 % | 4 £ | 11 £ | Travailleurs ruraux spécialisés maîtrisant un savoir‑faire technique (charpentiers de ferme, maçons, charrons, tonneliers, bergers expérimentés). Engagés pour des tâches précises et mieux rémunérées que les journaliers ordinaires. Statut instable mais compétences recherchées, surtout en période de travaux saisonniers. |
| 🪓 Journaliers agricoles | 50 000 | 250 000 | 9,53 % | 5 £ | 5 £ | 4 £ | 50,00 % | 3 £ | 7 £ | Travailleurs saisonniers employés pour les travaux agricoles lourds (moissons, labours, semailles). Payés à la journée, parfois en nature. Dépendent entièrement du calendrier agricole et des besoins des exploitants. |
| 🪓 Journaliers précaires | 200 000 | 1 000 000 | 38,11 % | 2 £ | 2 £ | 3 £ | 60,00 % | 1 £ | 4 £ | Travailleurs polyvalents sans terre : domestiques ruraux, aides de ferme, gardiens de bétail, porteurs ou manutentionnaires. Souvent nourris et logés, avec très peu de revenu monétaire. Forte instabilité et dépendance aux employeurs locaux. |
| 🥣 Indigents / vagabonds | 80 000 | 400 000 | 15,25 % | 1 £ | 1 £ | 3 £ | 70,00 % | 1 £ | 3 £ | Veuves, vieillards, infirmes, domestiques ruraux, travailleurs sans terre. Dépendent de l’aumône, de la famille ou de l’Église. Représentent la majorité de la population rurale. |
| TOTAUX | 554 338 | 2 623 799 | 100,00 % |
* Les revenus royaux varient fortement selon les périodes (20 000 à 80 000 £). ** Vicomte : Titre récent (après 1440). Baron promu pour services rendus. Influence intermédiaire entre baron et comte. *** Les Hommes d’armes et archers permanents ne sont normalement pas une classe sociale à proprement dire. Ils proviennet de classes sociales existantes et garde ce statut bien qu'étant homme d'armes.
💰 Structure des revenus par classe sociale
🏰 Tableau : Structure des revenus de la grande noblesse (XVe siècle)
Pour un grand seigneur type (duc, comte, marquis) Revenu annuel total typique : 1 000 £ à 5 000 £ (les plus grands magnats peuvent dépasser 10 000 £)
| Source de revenu | Part du revenu total | Valeur typique (pour 3 000 £) | Nature du revenu |
|---|---|---|---|
| Rentes foncières | 35–45 % | 1 050–1 350 £ | Fermages, cens, loyers ruraux |
| Revenus agricoles directs | 10–20 % | 300–600 £ | Domaines exploités en régie, moulins, fours, pressoirs |
| Droits seigneuriaux | 10–15 % | 300–450 £ | Banvin, banalités, péages, justice basse |
| Justice seigneuriale | 5–10 % | 150–300 £ | Amendes, confiscations, taxes judiciaires |
| Taxes & péages | 5–10 % | 150–300 £ | Ponts, routes, marchés, foires |
| Revenus urbains | 5–10 % | 150–300 £ | Maisons en ville, boutiques, halles |
| Offices & pensions royales | 5–15 % | 150–450 £ | Gouvernorats, charges militaires, pensions |
| Butin, rançons, guerre | 0–10 % | 0–300 £ | Très variable selon contexte |
| Mariages & alliances | 0–10 % | 0–300 £ | Dots, contre-dots, avantages politiques |
| Commerce discret / investissements | 0–5 % | 0–150 £ | Prêts, parts dans des compagnies, fermes d’impôts |
| Total | 100 % | ≈ 3 000 £ | — |
🛡️ Tableau : Structure des revenus de la petite noblesse / gentry (XVe siècle)
Revenu annuel typique : 40 £ à 200 £ (les plus aisés peuvent monter à 300–400 £)
La petite noblesse / gentry est une classe fascinante parce qu’elle se situe entre les élites foncières et les producteurs ruraux. Elle possède des terres, mais pas assez pour vivre comme les grands seigneurs ; elle exerce des offices, mais pas assez pour être riche ; elle dépend du marché local, mais sans être des marchands.
| Source de revenu | Part du revenu total | Valeur typique (pour 100 £) | Nature du revenu |
|---|---|---|---|
| Rentes foncières | 40–55 % | 40–55 £ | Fermages, loyers ruraux, petites tenures |
| Exploitation agricole directe | 10–20 % | 10–20 £ | Exploitation personnelle, élevage, vergers |
| Droits seigneuriaux mineurs | 5–10 % | 5–10 £ | Banalités locales, petits droits coutumiers |
| Offices locaux | 10–20 % | 10–20 £ | Shérif adjoint, bailli, juge de paix, collecteur |
| Soldes militaires / commandement | 5–15 % | 5–15 £ | Service militaire, capitainerie, escorte |
| Revenus urbains modestes | 0–10 % | 0–10 £ | Maisons en ville, boutiques louées |
| Commerce discret / prêts | 0–5 % | 0–5 £ | Prêts, parts dans un moulin, petite spéculation |
| Mariages / dots | 0–5 % | 0–5 £ | Gains ponctuels, rarement réguliers |
| Total | 100 % | ≈ 100 £ | — |
✝️ Tableau : Structure des revenus du Haut Clergé (XVe siècle)
Revenu annuel typique : 500 £ à 5 000 £ (les plus grands archevêques peuvent dépasser 10 000 £)
Les évêques, abbés, prieurs majeurs, chefs d’ordres. C’est une classe sociale extrêmement riche, souvent aussi puissante que la grande noblesse, parfois davantage.
| Source de revenu | Part du revenu total | Valeur typique (pour 2 000 £) | Nature du revenu |
|---|---|---|---|
| Dîmes | 30–45 % | 600–900 £ | Prélèvement sur la production agricole |
| Rentes foncières | 20–30 % | 400–600 £ | Fermages, loyers ruraux, terres de l’Église |
| Revenus agricoles directs | 5–15 % | 100–300 £ | Domaines monastiques, vignobles, moulins |
| Droits ecclésiastiques | 5–10 % | 100–200 £ | Mariages, enterrements, messes, indulgences |
| Revenus urbains | 5–10 % | 100–200 £ | Maisons, boutiques, halles, rentes urbaines |
| Offices & bénéfices cumulés | 5–15 % | 100–300 £ | Pluralité de charges, prébendes |
| Pensions royales / dotations | 0–10 % | 0–200 £ | Pensions politiques, dons du prince |
| Écoles, hôpitaux, scriptoria | 0–5 % | 0–100 £ | Frais d’inscription, dons, ventes de copies |
| Commerce discret / prêts | 0–5 % | 0–100 £ | Prêts, investissements, fermes d’impôts (indirect) |
| Total | 100 % | ≈ 2 000 £ | — |
✝️ Tableau : Structure des revenus du Bas Clergé (XVe siècle)
Revenu annuel typique : 5 £ à 20 £ (les mieux dotés peuvent atteindre 30–40 £, les plus pauvres survivent à 3–4 £)
Les curés paroissiaux, vicaires, chanoines mineurs, moines non administrateurs, frères mendiants, etc. Le bas clergé est très loin de la richesse du haut clergé. Dans la plupart des régions d’Europe, un curé vit comme un paysan aisé, parfois moins bien.
| Source de revenu | Part du revenu total | Valeur typique (pour 15 £) | Nature du revenu |
|---|---|---|---|
| Part locale de la dîme | 20–40 % | 3–6 £ | Fraction de la dîme paroissiale laissée au curé |
| Offrandes & quêtes | 10–20 % | 1,5–3 £ | Dons des fidèles, troncs, fêtes religieuses |
| Services religieux payants | 10–20 % | 1,5–3 £ | Mariages, enterrements, baptêmes, messes votives |
| Petites rentes foncières | 10–20 % | 1,5–3 £ | Jardin, lopin de terre, prés, location d’une maison |
| Revenus en nature | 10–20 % | 1,5–3 £ (équivalent) | Blé, œufs, poules, bois, repas fournis par les paroissiens |
| Aides du haut clergé / évêché | 0–10 % | 0–1,5 £ | Compléments, distributions, dons |
| Travaux annexes | 0–10 % | 0–1,5 £ | Écriture d’actes, enseignement, conseils juridiques |
| Total | 100 % | ≈ 15 £ | — |
🛳️ Tableau : Structure des revenus des Grands Marchands (XVe siècle)
Revenu annuel typique : 100 £ à 1 000 £ (les plus puissants dépassent 2 000–5 000 £, surtout en Italie ou Flandres)
Les marchands internationaux, patriciens urbains, armateurs, banquiers locaux, fermiers d’impôts, bref l’élite économique des villes. Ces hommes (et parfois femmes) sont aussi riches que la haute noblesse, parfois plus, mais leurs revenus sont beaucoup plus volatils.
| Source de revenu | Part du revenu total | Valeur typique (pour 500 £) | Nature du revenu |
|---|---|---|---|
| Commerce lointain | 30–50 % | 150–250 £ | Import/export, caravanes, navires |
| Commerce local & gros | 10–20 % | 50–100 £ | Vente en gros, entrepôts, franchises |
| Armement maritime / fret | 5–15 % | 25–75 £ | Revenus de navires, location de tonnage |
| Crédit & prêts | 10–20 % | 50–100 £ | Intérêts, avances, lettres de change |
| Investissements industriels | 5–15 % | 25–75 £ | Moulins, tanneries, mines, verreries |
| Fermes d’impôts / péages | 5–15 % | 25–75 £ | Collecte d’impôts, douanes, péages |
| Immobilier urbain | 5–10 % | 25–50 £ | Maisons, boutiques, loyers |
| Offices municipaux | 0–5 % | 0–25 £ | Charges urbaines, gages, privilèges |
| Partenariats & compagnies | 5–10 % | 25–50 £ | Parts dans des sociétés marchandes |
| Total | 100 % | ≈ 500 £ |
🛠️ Tableau : Structure des revenus des Artisans aisés / Bourgeois (XVe siècle)
Revenu annuel typique : 10 £ à 40 £ (les plus prospères peuvent atteindre 50–80 £ dans les grandes villes)
Les maîtres artisans, chefs d’atelier, petits marchands prospères, membres influents de guildes, bourgeois non nobles, bref la classe moyenne supérieure urbaine. Cette catégorie est moins riche que les grands marchands, mais nettement plus aisée que les artisans ordinaires. Elle constitue l’ossature économique des villes.
| Source de revenu | Part du revenu total | Valeur typique (pour 30 £) | Nature du revenu |
|---|---|---|---|
| Production artisanale (atelier) | 40–60 % | 12–18 £ | Vente de produits fabriqués, commandes |
| Commerce local / revente | 10–25 % | 3–7,5 £ | Achat-revente, marge commerciale |
| Apprentis & compagnons | 5–15 % | 1,5–4,5 £ | Frais d’apprentissage, travail non payé |
| Rentes urbaines | 5–10 % | 1,5–3 £ | Loyers de boutiques, maisons, étals |
| Investissements modestes | 0–10 % | 0–3 £ | Parts dans un moulin, taverne, four banal |
| Offices municipaux mineurs | 0–5 % | 0–1,5 £ | Gages d’échevin, juré de guilde, contrôleur |
| Travaux annexes | 0–10 % | 0–3 £ | Expertise, réparations, commissions |
| Total | 100 % | ≈ 30 £ |
🌾 Tableau : Structure des revenus des Yeomen / Paysans aisés (XVe siècle)
Revenu annuel typique : 5 £ à 15 £ (les plus prospères peuvent atteindre 20–25 £)
Une classe essentielle, souvent sous‑estimée, mais qui constitue la vraie colonne vertébrale économique des campagnes anglaises et françaises. Les yeomen sont des exploitants agricoles propriétaires (ou quasi‑propriétaires), capables de produire un surplus régulier. Ils sont plus riches que les petits paysans, mais loin derrière la gentry.
| Source de revenu | Part du revenu total | Valeur typique (pour 12 £) | Nature du revenu |
|---|---|---|---|
| Production agricole vendue | 40–60 % | 5–7 £ | Surplus de céréales, légumes, foin |
| Élevage & bétail | 15–30 % | 2–4 £ | Moutons, porcs, volailles, lait, laine |
| Travail salarié / saisonnier | 5–15 % | 0,5–2 £ | Travail d’hiver, charroi, artisanat rural |
| Petites rentes foncières | 5–10 % | 0,5–1 £ | Location d’un pré, d’un lopin, d’une maison |
| Transformation & artisanat rural | 5–10 % | 0,5–1 £ | Bière, pain, tissage, menuiserie |
| Chasse, cueillette, forêts | 0–5 % | 0–0,5 £ | Bois, miel, gibier, champignons |
| Petits commerces locaux | 0–5 % | 0–0,5 £ | Vente de produits transformés, marchés |
| Total | 100 % | ≈ 12 £ | — |
🌱 Tableau : Structure des revenus des Petits paysans / Journaliers (XVe siècle)
Revenu annuel typique : 1 £ à 4 £ (les plus pauvres survivent à 0,5–1 £ ; les mieux lotis montent à 5–6 £)
La majorité de la population rurale : petits tenanciers, métayers, cottagers, manouvriers, journaliers agricoles,travailleurs saisonniers. C’est la classe sociale la plus nombreuse, mais aussi la plus précaire.
| Source de revenu | Part du revenu total | Valeur typique (pour 3 £) | Nature du revenu |
|---|---|---|---|
| Travail salarié (journées) | 40–60 % | 1,2–1,8 £ | Journées agricoles, corvées monétarisées |
| Petite production agricole | 10–25 % | 0,3–0,75 £ | Petit champ, jardin, lopin loué |
| Élevage minime | 5–15 % | 0,15–0,45 £ | Poules, un cochon, parfois une chèvre |
| Revenus en nature | 10–25 % | 0,3–0,75 £ | Blé, bois, repas, vêtements usagés |
| Travaux annexes | 0–10 % | 0–0,3 £ | Réparations, tressage, menues tâches |
| Petits commerces / marchés | 0–5 % | 0–0,15 £ | Vente d’œufs, légumes, fagots |
| Aides, charité, aumônes | 0–10 % | 0–0,3 £ | Aide paroissiale, dons, entraide |
| Total | 100 % | ≈ 3 £ | — |
🧹 Tableau : Structure des revenus des Pauvres urbains / Marginaux (XVe siècle)
Revenu annuel typique : 0,5 £ à 2 £ (les plus chanceux montent à 3–4 £ ; les plus pauvres survivent à moins de 1 £)
journaliers urbains, mendiants, petits travailleurs informels, veuves sans ressources, orphelins, manœuvres, portefaix, lavandières, ramasseurs, petits voleurs occasionnels, etc.
C’est la classe sociale la plus précaire, vivant dans une économie de survie, souvent au jour le jour.
| Source de revenu | Part du revenu total | Valeur typique (pour 1,5 £) | Nature du revenu |
|---|---|---|---|
| Travail journalier urbain | 30–50 % | 0,45–0,75 £ | Portefaix, manutention, nettoyage, travaux ponctuels |
| Petits métiers / services | 10–25 % | 0,15–0,35 £ | Lavandières, porteurs d’eau, colportage, raccommodage |
| Revenus en nature | 10–25 % | 0,15–0,35 £ | Restes alimentaires, vêtements usagés, logement temporaire |
| Mendicité / charité | 10–30 % | 0,15–0,45 £ | Aumônes, distributions religieuses, dons |
| Petits commerces informels | 0–10 % | 0–0,15 £ | Revente, récupération, troc |
| Activités illégales mineures | 0–10 % | 0–0,15 £ | Vols mineurs, recel, jeux d’argent |
| Aides institutionnelles | 0–10 % | 0–0,15 £ | Hôpitaux, confréries, paroisses |
| Total | 100 % | ≈ 1,5 £ | — |